22.09.2026

Journée d'étude « Archives et relations algéro-allemandes : le cas des relations FLN–SPD »

Bonn, Friedrich-Ebert-Stiftung — 7 septembre


Le 7 septembre, la Friedrich-Ebert-Stiftung à Bonn a accueilli une journée d'étude consacrée à l'histoire des relations entre l'Algérie et l'Allemagne, organisée conjointement par le Centre für Nah- und Mittelost-Studien de l'université Philipps de Marburg et l'Archiv der sozialen Demokratie de la Fondation Friedrich-Ebert. L'événement, interprété simultanément en allemand et en français, a réuni chercheurs, représentants diplomatiques et témoins de cette histoire commune.

Un transfert d'archives fondateur. Au cœur de la journée : la remise des archives personnelles de Nassima Bougherara, germaniste et ancienne maîtresse de conférences, à l'Archiv der sozialen Demokratie. Constitué entre 1999 et 2006, ce fonds documente les relations franco-germano-algériennes entre 1955 et 1963, en particulier l'installation des réseaux du Front de libération nationale (FLN) à Bonn et à Bad Godesberg, ainsi que l'engagement de la social-démocratie ouest-allemande en faveur de l'autodétermination algérienne. Le parcours de Nassima Bougherara — fllle d'un officier algérien engagé auprès du GPRA, elle-même interprète en RDA de 1974 à 1976 — confère à ce fonds une valeur à la fois historique et biographique unique.

Trois contributions de recherche. Jan Schubert, doctorant à l'Institut universitaire européen de Florence, a présenté ses travaux d'histoire orale sur la migration de travail algérienne en RDA (1974-1984), fondés sur une quinzaine d'entretiens biographiques avec d’anciens ouvriers. Ses recherches mettent en lumière le mouvement de grève de l'hiver 1975-1976, les violences racistes d'Erfurt d'août 1975, ainsi que le concept théorique qu'il développe dans sa thèse, celui de « colonialité socialiste ». Paula Dahl, doctorante à l'université de Hambourg et au Centre Marc Bloch de Berlin, a présenté ses recherches sur l'engagement des femmes algériennes dans la guerre d'indépendance, fondées sur leurs auto-narrations — lettres, journaux intimes, témoignages judiciaires — afln de dépasser un regard historiographique largement colonial et masculin. Rachid Ouaissa, professeur à l'université de Marburg et directeur du centre MECAM, a replacé ces travaux dans le contexte des relations algéro-allemandes contemporaines, marquées par l'annonce de nouveaux partenariats stratégiques entre les deux pays.

Une relation présentée comme modèle par Alger. Des propos attribués à la présidence algérienne, également évoqués lors de la journée, ont souligné le caractère singulier des relations germano-algériennes, décrites comme exemptes de tout contentieux historique et appelées à s'approfondir dans les années à venir à travers des accords stratégiques élargis — énergie, industrie, santé et défense.

Une historiographie en construction. Cette journée d'étude a illustré la manière dont les archives personnelles et les entretiens d'histoire orale viennent aujourd'hui enrichir notre compréhension de l'histoire germano-algérienne, Elle ouvre ainsi la voie à une écriture plus complète et plus humaine de cette histoire commune, portée par celles et ceux qui l'ont vécue et par la recherche qui la fait dialoguer avec le présent.

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